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Info ajouté par 1info2 le 2016-08-08 13:27:39 - 0 Commentaire(s)
Turquie: Erdogan contre la propagande occidentale

Turquie: Erdogan contre la propagande occidentale




Dans une interview au journal français Le Monde, le président turc accuse l'Occident d'être "en contradiction avec les valeurs qu’il défend", ne recourant qu'à "quelques clichés" pour condamner la tentative du coup d'Etat du 15 juillet en Turquie

Le monde occidental est "en contradiction avec les valeurs qu'il défend", en n'ayant pas fait preuve d'un vrai soutien à la Turquie après la tentative du coup d'Etat du 15 juillet, a estimé lundi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Dans une interview au quotidien français "Le Monde", qui est une première dans la presse européenne depuis le putsch raté, Erdogan s'en est pris à ses homologues européens et américains pour leur manque de soutien aux Turcs alors que le pays a fait face à un acte plus important qu'"une attaque terroriste ordinaire".

"Nous comptons 240 martyrs et 2 200 blessés. Le monde entier avait réagi à l’attaque contre Charlie Hebdo. Notre premier ministre s’était joint à la marche dans les rues de Paris. J’aurais souhaité que les dirigeants du monde occidental réagissent également à ce qui s’est passé en Turquie et qu’ils ne se contentent pas de quelques clichés pour condamner [la tentative de putsch]. Ou alors, j’aurais voulu qu’ils viennent ici en Turquie", a-t-il déclaré.

Cette tergiversation à l'égard de la Turquie, a montré selon Erdogan que "le monde occidental a été en contradiction avec les valeurs qu’il défend. Il devait être solidaire de la Turquie, qui s’est approprié ses valeurs démocratiques. Malheureusement, il a préféré laisser les Turcs seuls".

Erdogan a regretté à cet égard que ses homologues européens et américains se concentrent davantage sur les purges au sein des institutions publiques et de l'armée que sur le coup d'Etat lui-même. "Un Etat a le droit de recruter et de licencier les fonctionnaires qu’il souhaite, la Turquie n’a jamais posé ce genre de question à ses partenaires occidentaux. C’est à nous de savoir qui nous gardons, qui nous limogeons", s'est-il indigné.

Interrogé sur une éventuelle reconsidération des relations entre la Turquie, l'Union européenne (UE) et l'OTAN, le président turc a appelé l'UE à "essayer de corriger" sa relation, déplorant son approche qui "n'est pas sincère" vis-à-vis de son pays.

"Cela fait cinquante-trois ans que nous sommes aux portes de l’Europe. L’UE est la seule responsable et coupable. Personne d’autre que la Turquie n’a été traité de cette manière [...] L’Union européenne ne se comporte pas de façon sincère avec la Turquie. Nous accueillons actuellement trois millions de réfugiés alors que la seule préoccupation de l’UE est qu’ils n’arrivent pas sur son territoire".

Erdogan a mis en garde à cet égard contre une possible réévaluation de l'accord conclu entre la Turquie et l'UE sur les migrants, notamment au vu de la non-réalisation de l'exemption des visas pour les ressortissants turcs. "Si nos demandes ne sont pas satisfaites, les réadmissions ne seront plus possibles", a-t-il ainsi souligné.

- Relations avec les Etats-Unis et la Russie

S'exprimant plus en détail sur les perspectives des relations entre la Turquie, les Etats-Unis et la Russie, Erdogan a évoqué le cas de Fetullah Gulen, contre lequel l'Etat turc a émis un mandat d'arrêt, tout en demandant son extradition des Etats-Unis.

La Turquie a extradé tous les terroristes à la demande des Etats-Unis sans aucune preuve, aucun document, a rappelé le président turc, déplorant à cet effet que les Etats-Unis n'aient toujours pas agi sur l'extradition de Fetullah Gulen, résidant actuellement en Pennsylvanie.

Et de préciser: "Nous avons envoyé 85 caisses de documents aux Etats-Unis. J’espère désormais que Gülen sera remis au plus vite à la Turquie et qu’ainsi, le sentiment antiaméricain en Turquie se dissipera".

Erdogan a également critiqué la visite "tardive" du Secrétaire d'Etat américain John Kerry en Turquie, prévue le 24 août. "C’est tard, trop tard. Cela nous attriste. Qu’est-ce qu’il faut de plus aux Américains ? Leur allié stratégique fait face à une tentative de putsch et ils attendent quarante-cinq jours pour lui rendre visite. Cela nous heurte", a-t-il fait remarquer.

S'agissant de la Russie, le président turc a tenu à souligner que son homologue russe Vladimir Poutine l'a appelé pour présenter ses condoléances et qu'"il ne [lui] a pas adressé des critiques sur le nombre de militaires ou de fonctionnaires limogés".

Erdogan a par ailleurs estimé que sa rencontre avec Poutine, prévue le 9 août à Saint-Pétersbourg, permettra de marquer "une nouvelle étape" dans les relations turco-russes. Rappelant que la Russie est considérée comme antagoniste du monde occidental, il a asséné, "La Fédération de Russie est un pays à la fois européen et asiatique, c’est ainsi qu’il faut voir les choses. Le monde occidental a essayé de l’exclure, pas nous".

AA.


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