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Info ajouté par TRT le 2016-08-03 13:20:54 - 0 Commentaire(s)
Carl Bildt : 2 poids 2 mesures de l'UE

Carl Bildt : 2 poids 2 mesures de l'UE




Les coups d’Etat n’ont pas de place dans une région construite sur les valeurs démocratiques .

Bruxelles est-elle en train de dormir ou est-elle seulement ignorante? C’est cette question qui se pose après la réaction des leaders européens suite à la tentative de coup d’Etat du 15 juillet en Turquie.

Imaginez un moment que les troupes putschistes arrivent à leur objectif et qu’une sorte de junte militaire et politique s’empare de la puissance de l’Etat en Turquie.

Je ne pense pas que cela puisse être aussi facile qu’à Athènes où les colonels appuyés par des chars avaient arrêté des milliers de personnes, un chaos qui a duré près d’une décennie en Europe à partir du mois d’avril 1967.

Lorsque les putschistes essayaient de prendre sous contrôle les manifestations des opposants, nous pouvions connaître de grands massacres dans les rues d’Ankara et d’Istanbul. Je vous rappelle l’effet mortel du coup d’Etat enregistré en juin 2013 au Caire.

Si la tentative de coup d’Etat arrivait à son objectif en Turquie, elle causerait sûrement une guerre civile dans le pays et cette situation aurait des conséquences inimaginables.

Des millions de Turcs fuiraient la violence, le chaos et la mort et s’orienteraient vers l’Europe avec plus de 2 millions de réfugiés syriens accueillis en Turquie. L’Union européenne serait obligée de faire face à une plus grande catastrophe migratoire que celle de 2015.

L’UE n’a jamais connu de sérieux coup d’Etat dans un de ces Etats membres ou dans un pays avec qui elle poursuit des négociations d’adhésion. En Hongrie ou quelque part ailleurs, les défis contre la suprématie de notre droit sont très faibles lorsque nous les comparons à une tentative de coup d’Etat pendant laquelle les stations de télé ont été occupées, le bâtiment parlementaire a été bombardé et on a essayé de capturer le président élu d’un pays.

Le danger avait été surmonté mais il a coûté la vie à 265 personnes et blessé 1100 autres. Les partis politiques en Turquie se sont vite rassemblés et maudit la tentative de coup d’Etat. Nous pouvons espérer que cette solidarité sans pareille portera la démocratie turque vers un point plus sûr.

La nuit du coup d’Etat, l’UE a mis du temps à maudire les faits. Il n’y avait rien qui annonçait une visite de soutien d’un haut représentant de l’UE en Turquie, un pays qui a été confronté à l’une des plus grande menace contre son ordre constitutionnel et qui mène des négociations d’adhésion.

Au lieu de ça, les leaders européens ont commencé à questionner la tentative des responsables turcs de nettoyer les éléments ralliés au mouvement guléniste dans l’Etat.

Quand la Turquie a souhaité suspendre la Convention Européenne des Droits de l’Homme, les leaders européens ont commencé à crier qu’ils n’approuvaient pas cela. Ils oubliaient une chose, c’est que la France avait fait de même après les attentats terroristes de Paris en novembre. Il n’est pas possible de questionner le droit et le besoin de la Turquie de faire des démarches pour se défendre contre des forces qui attaquent son ordre constitutionnel.

Ces démarches risquent fort probablement d’aller loin. J’espère sincèrement que le conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’Homme aborderont minutieusement la situation une fois que les événements commenceront à se calmer. Des journalistes dont la probabilité de soutenir le coup d’Etat était très faible, ont également été arrêtés et bien entendu cela est un sujet qui peut être débattu.

La visite du secrétaire général du conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland, prévue cette semaine à Ankara, est une très bonne nouvelle.

L’Europe risque de perdre son esprit moral si elle ne semble pas avoir lutté contre la notion de coup d’Etat. Et il n’y a aucun doute que la position honteuse de l’Europe face au coup d’Etat qui a eu lieu en Egypte en 2013, a porté préjudice à son esprit moral.

« Si le coup d’Etat avait réussi - comme en Egypte - vous l’auriez soutenu. Vous ne connaissez pas cette nation, mais cette nation vous connait » ces tweets critiquant l’Occident partagés par Ibrahim Kalin, porte-parole du président de la République Turque Recep Tayyip Erdogan, sont très significatifs.

L’Union européenne aurait pu se trouver dans une meilleure situation que maintenant si les leaders européens s’étaient rendus en Turquie et avaient condamné le coup d’Etat tout de suite après, s’ils avaient félicité le peuple pour avoir repousser le coup d’Etat en Turquie, s’ils s’étaient entretenus avec le président de la République, le gouvernement, les leaders du parlement et les autres politiciens, et s’ils avaient débattu avec ces derniers des moyens de bâtir une voie démocratique européenne pour la Turquie.

Bien entendu, il n’y a pas de garantie que ces actions entraîneront pas le pays vers un autoritarisme. Toutefois, l’Europe aurait au moins fait des efforts pour défendre les idéaux politiques et les valeurs démocratiques.

A l’heure actuelle, Poutine sera le premier leader qui rencontrera Erdogan à la suite du coup d’Etat. Cela sera une honte pour l’Europe si cette rencontre a lieu.





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